Restauration-Hôtellerie : Pénurie de main d’œuvre, à qui la faute ?

Le secteur de la restauration et de l’hôtellerie a toujours rencontré des difficulté à recruter, mais l’après Covid s’annonce encore plus difficile. A qui la faute ? Les conditions de travail ? Les salaires ? Le métier qui ne fait plus rêver ? La mise en place du pass sanitaire ? Tant de facteurs qui entrent en ligne de compte.

Difficulté à recruter

Les difficultés de recruter étaient déjà présentes avant la crise sanitaire, mais celle-ci a en effet accentué le problème. De nombreux salariés, à l’arrêt durant de longs mois, se sont d’ailleurs remis en question : travail le soir et les week-ends, pénibilité du secteur ou encore bas salaire.

Il y aurait entre 100.000 à 120.000 emplois manquants selon les chiffres de la profession. Faute de personnel, certains restaurants et hôtels sont contraints de fermer, comme Bruno Valteau et son épouse au Lou Mistrau à Avignon. « On doit fermer un jour par semaine par manque de personnel pour accorder deux jours de repos au personnel restant » raconte le restaurateur.

En plus de cela, la profession ne fait plus rêver, malgré les nombreuses émissions TV comme Top Chef. « L’avenir ne s’annonce pas rose car nous constatons également une baisse des demandes d’apprentissage » constate la présidente de l’Umih Berry, Véronique Gaulon.

Quelles solutions ?

Dès lors, quelles sont les solutions pour rendre la profession plus attirante ? Pourquoi le secteur peine-t-il à trouver du personnel ? Pour Véronique Gaulon, il existe plusieurs problèmes. En premier la politique publique avec notamment l’apprentissage. « Depuis quarante ans, on a opposé l’enseignement général et professionnel, ce dernier étant déprécié, considéré comme une voie de garage. » dénonce-t-elle.

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De plus, le pass sanitaire n’est pas un frein au recrutement puisque la plupart des salariés sont vaccinés. Ces difficultés sont connues depuis déjà des années.

S’agit-il aussi de la question salariale ? « C’est vrai, il devrait y avoir une revalorisation salariale, d’autant qu’avec les paiements en carte bleue, les salariés ne reçoivent plus de pourboires. Mais comment mieux les payer avec les cotisations qui nous incombent ? D’autant qu’avec les fermetures dues au Covid, nos entreprises sont fragilisées. Nous demandons donc une baisse de nos charges avec l’obligation d’augmenter les salaires. » explique la présidente dans La Nouvelle République.

Des journées sont d’ailleurs organisées par l’Umih de l’Ysère pour aider le secteur à recruter et pour revaloriser la profession. Le 22 septembre à Grenoble et le 29 septembre à Vienne, les « Rendez-vous des métiers de l’hôtellerie-restauration » sont prévus pour l’occasion.