Restaurants clandestins : ces chefs qui prennent leur défense

Depuis fin octobre dernier, les restaurants ont l’obligation de fermer leurs portes. Depuis, plus aucune perspective claire d’ouverture de ces établissements. Pourtant, certains bravent l’interdit et continuent d’accueillir leurs clients dans la plus stricte clandestinité. Certains chefs français prennent même leur défense.

Ouvrir pour remonter le moral

Devantures fermées et portes closes, d’apparence, ces restaurants ont l’air de respecter les mesures. Pourtant, il suffit d’y pénétrer pour se rendre compte que rien n’a changé. Souvent, il suffit d’entrer par la porte arrière de l’établissement pour profiter d’un bon repas, le temps d’un instant. On a presque l’impression d’être dans les années 20-30 lors de la période de prohibition.

Comme le précise la journaliste de BFMTV, pour la plupart de ces restaurateurs, « l’objectif n’est pas de se relever financièrement, mais plutôt remonter le moral des gens ». Lors d’une interview accordée à Le Parisien, ce restaurateur situé en Île-de-France raconte. Il dit : « Si j’ouvre c’est pour faire plaisir à mes clients, on est plein tous les midis. Mais c’est vrai qu’avec les aides et cette ouverture illégale, ça permet de survivre. Si on arrêtait, on serait mort ».

Un autre chef raconte aussi dans Le Parisien que les policiers seraient même au courant de la situation. Il raconte : « Bien sûr, on craint d’être dénoncé par des jaloux, mais en fait, les policiers du coin sont au courant, ils ferment les yeux ».

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Ces chefs connus du petit écran à leur rescousse

On pourrait très vite crier au scandale, pourtant, certains chefs prennent position. Pour Philippe Etchebest, grand défenseur des restaurateurs, il comprend la situation. Il confie au Parisien : « Je n’appelle pas à la désobéissance, mais je comprends. Certains sont au bout du bout, ce qui les amène à prendre ce genre de décisions extrêmes ». Le chef étoilé espère toutefois que les nouvelles mesures pourront limiter la propagation de ces restaurants clandestins. Il dit : « Aujourd’hui, les aides gouvernementales concernent davantage de restaurateurs et sont mieux adaptées. Mais la situation reste très compliquée pour beaucoup d’entre nous. Il y aura des drames. »

Même son de cloche pour Nobert Tarayre, chef et animateur de « La meilleure boulangerie de France » sur M6 avec Bruno Cormerais. Lors d’une interview accordée sur Sud Radio, il ne condamne pas ces restaurants clandestins. Il dit : « J’ai une politique, c’est « pas vu, pas pris ! ». Ils font comme ils veulent, nous sommes dans un pays libre (…). Je pense que quand tu as la dalle et que tu n’as plus le choix et que tu dois le faire, si c’est en leur âme et conscience… Après on parle de règles sanitaires, moi je ne suis pas là pour juger, je dis juste « pas vu, pas pris » et s’il a besoin de manger le mec, faut le faire, c’est son choix ».

L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (l’UMIH) prévient : « ne plus pouvoir servir en salle crée un manque psychologique chez certains qu’ils essayent sans doute de combler de cette façon. Mais ceux qui ouvrent s’exposent à un grand nombre de désagréments ». 21 établissements en Île-de-France ont d’ailleurs joué avec le feu et sont contraints de fermer pour janvier.

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Crédit Photo : ©AFP/Thomas Coex